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image tirée de Google Earth
Métropoles numériques


L’explosion urbaine est peut-être, quantitativement, la révolution la plus importante du XXème siècle avant même la révolution informatique, certainement plus médiatique. On assiste aujourd’hui à une prise de conscience de la conjonction de ces deux processus de fond par les pouvoirs publics : le réaménagement des villes et des territoires sera inéluctable, il sera incomplet s’il se fait sans les nouvelles technologies. Zoom sur les expérimentations menées, les différences de développement et sur le secteur du tourisme.



La fin du territoire craint par certains au profit d’un temps « accéléré », « despatialisant » les modes de vie, n’est donc pas pour demain : en 2008, et ceci pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, plus de la moitié de la population mondiale vit dans les villes, c’est-à-dire plus de 3,3 milliards de personnes (source ONU).
Ce chiffre, en croissance constante sur tous les continents, montre à quel point l’organisation spatiale de l’urbain, ainsi que les techniques mises en ½uvre dans cette planification deviennent des enjeux primordiaux, tant du point de vue social que du point de vue d’une écologie politique.

Par ailleurs, selon la commission européenne, l’économie des TIC contribue pour plus de 50% à la croissance de productivité de l’Union Européenne depuis 2004. Les moyens que peuvent déployer les pouvoirs publics nationaux ou régionaux sont donc intrinsèquement liés à une bonne diffusion et une bonne appropriation de ces technologies sur leurs territoires, que chacun cherche à attirer sur son territoire.

Ces chiffres montrent bien qu’il s’agit pour les villes d’une situation pour laquelle il n’existe pas de modèle préétabli. Les villes, et plus largement les métropoles, sont contraintes d’accueillir ces technologies dont elles dépendront économiquement ; technologies dont la nature et la portée changent tout aussi rapidement et radicalement que le tissu urbain.
Les TIC sont vouées à être rapidement imaginées comme une véritable infrastructure urbaine, au même titre qu’une autoroute ou le téléphone, dont n’est visible aujourd’hui que la partie émergée de l’iceberg : l’Internet.

Les échelles sont multiples : les TIC sont à la fois totalement diffuses sur le territoire et indispensables au développement économique, culturel et social des villes, tant à l’échelle locale qu’à l’échelle internationale.
La boucle est complexe : les TIC, toujours plus portables et intégrées, génèrent un nouveau rapport à un temps et à un environnement physique eux-mêmes de plus en plus multiples et segmentés.

Pourtant le risque d’un développement anarchique et inégalitaire est présent, pressant. Les solutions sont à concevoir, à mettre en oeuvre, à évaluer continuellement. Elles passent par une approche volontairement transversale et mutualisée.

Le premier focus de ce dossier nous donnera l’occasion de nous demander quels outils intellectuels existent déjà pour penser la ville de demain, et de découvrir quelles démarches déjà engagées dans certaines collectivités peuvent inspirer les pouvoirs publics pour prévoir, accompagner et gérer ces changements profonds mais nécessaires.
Nous verrons également dans une second focus comment d’autres villes, qui sont ou ont été en rupture avec leur territoire, peuvent s’approprier les NTIC pour tenter d’y remédier.
Enfin le dernier focus sera consacré à l’avenir d’une économie en plein essor, celle du tourisme, et aux apports du multimédia dans ce domaine.
Julien PARIS
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Métropoles
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