Dans cette vidéo, Jean-Michel Lucas, président de Trempolino, maître de conférences à l’université Rennes 2 , ancien conseiller technique au cabinet du ministre de la Culture Jack Lang de 1990 à 1992 et ancien DRAC Aquitaine, revient sur les différentes formes de politiques culturelles qui cohabitent aujourd’hui.
Aussi connu sous le pseudonyme de docteur Kasimir Bisou, Jean-Michel Lucas avance l’idée que l’Agenda 21 de la culture est le moyen de sortir des contradictions inhérentes aux trois « doctrines » qui régissent la construction des politiques culturelles actuelles. Dans un premier temps il présente et critique ces trois « doctrines » :
- La première est celle liée aux équipements : il faut « apporter le beau , la qualité au public ». Elle pose un problème démocratique puisque les valeurs (la définition de ce qui est beau) sont décidées en amont par des professionnels.
- La seconde est une prolongation de la première ; elle tente de venir à bout des inégalités d’accès à la culture. Cela pose ici aussi un problème de légitimité car l’on ne reconnait pas la capacité de la population à décider de « sa » culture ; cette position suppose donc de trouver les outils pour faire changer de comportement les populations et leur faire apprécier les valeurs définies en amont par les professionnels.
- La troisième doctrine s’oppose aux deux premières : elle présente une politique culturelle proche des habitants. Elle met moins au centre de sa démarche les grands principes de citoyenneté liée aux arts, qu’une logique d’ouverture des acteurs culturels vers d’autres pans de l’action publique. La politique culturelle devient transversale et s’insère dans les politiques sociales, de la précarité, de l’urbanisme. Cette démarche contribue au développement de la ville mais interroge l’acception de la politique culturelle et revisite ses enjeux.
Selon Jean-Michel Lucas, l’Agenda 21 de la culture est un moyen de sortir de ces contradictions car il remet le citoyen au c½ur de la définition de la politique culturelle. Les citoyens devraient participer à l’élaboration, l’exercice et l’évaluation des politiques culturelles. Pour Jean Michel Lucas, cette proposition a le mérite de replacer la question de l’identité et de la dignité humaine de chaque individu au centre de la construction des politiques culturelles. « L’enjeu d’une politique culturelle qui arrive à dépasser les contradictions est de mettre au c½ur de son universalité, non plus l’½uvre, non plus les inégalités d’accès, non plus l’utilité, mais la dignité culturelle de l’autre pour construire le vivre ensemble dans la différence » en organisant la confrontation des sens et des valeurs de ce qui fait culture dans une société.
Vidéo :
http://www.dailymotion.com/video/x7kwxu_jeanmichel-lucas-quimper-291108
Intégralité de la table ronde du 29 Novembre 2008 « la culture en question à Quimper » aux états généraux de la culture:
http://www.dailymotion.com/video/x7m3cx_etats-gnraux-de-la-culture-de-quimp_newsPour aller plus loin et prendre connaissance de ces travaux et interventions :
http://www.irma.asso.fr/Jean-Michel-Lucas