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L’Agenda 21 de la culture en France : Quelle valeur ajoutée pour les politiques culturelles ?
Note de lecture
Dans cet article paru dans le n°34 de la revue de l’Observatoire(1), Christelle Blouët, chargée de développement de projets culturels, fait le point sur les collectivités françaises qui ont adopté une démarche allant dans le sens des recommandations de l’Agenda 21 de la culture.
Réalisée de Juin 2007 à Avril 2008 auprès de collectivités françaises, cette étude fait un état des lieux et montre le travail qu’il reste à accomplir pour favoriser le développement de politiques publiques de la culture intégrant les dimensions de ce programme d’action.
L’auteur évoque rapidement la naissance de ce document où les collectivités peuvent « trouver de manière très concrète des ressources d’innovation importante ». La première injonction de ce document est de protéger et promouvoir la diversité culturelle, dans son acception définie par l’Unesco (déclaration universelle sur la diversité culturelle adoptée le 2 Novembre 2001). L’enquête réalisée montre que le modèle français de la culture savante évolue petit à petit, même si de nombreuses collectivités « restent obstinément dans la défense et le développement du modèle de démocratisation culturelle ».
L’enquête montre que de très nombreuses collectivités sont encore frileuses à l’idée de développer une réelle démocratie participative. L’Agenda 21 de la culture enjoint les collectivités à associer les citoyens à la définition des politiques publiques de la culture. Cependant l’auteur remarque que l’approche globale du développement durable dans les Agendas 21 locaux a permis de faire évoluer les élus vers une vision « optimiste » du développement de la démocratie participative.
L’auteur dépeint ensuite la difficulté qu’ont les collectivités a engager des démarches « transversales ». « La notion de durabilité promue dans l’Agenda 21 de la culture ne saurait être appréciée à travers un autre prisme que celui d’une approche globale ». La mise en place de politiques publiques transversales associant éducation, social, culture, économie reste le plus largement du domaine « de la marge de man½uvre intéressante qu’on aura dans les années à venir dans le domaine culturel ». Pourtant chaque acteur reconnait la nécessité de cette collaboration entre différents acteurs afin de créer de l’intelligence collective.
Sur dix huit collectivités répertoriées au début de l’enquête, seulement « dix ont été repérées comme ayant engagé une réelle démarche allant dans le sens de l’Agenda 21 de la culture ». Christelle Blouët pointe alors les difficultés à mobiliser l’ensemble des acteurs concourant à la mise en ½uvre des politiques publiques. Si l’élu à la culture est souvent celui qui porte les valeurs de l’Agenda 21 de la culture, les autres élus sont très peu sensibilisés à ces questions. Pourtant il est nécessaire de mobiliser tous les acteurs « si l’on veut imaginer un développement concret ».
L’article revient ensuite sur la dimension de l’évaluation des politiques publiques de la culture. Un des principes fondamentaux de l’Agenda 21 de la culture réside dans la mise en place de procédures d’évaluation adaptées au domaine culturel. De nombreuses collectivités reconnaissent la difficulté de la démarche et posent cette question : « que peut on évaluer et comment ? ». L’article propose des pistes intéressantes comme la création d’un observatoire des bonnes pratiques entre les différentes collectivités. A ce propos, l’enquête souligne le peu d’échanges effectués entre des collectivités engagées dans des démarches similaires. L’auteur propose aussi de s’inspirer des démarches d’évaluation mises en place dans le cadre des Agendas 21 locaux et enjoint les collectivités à inventer des critères d’évaluation ; au risque de « se retrouver dans la situation amorcée au niveau de l’Etat dans le cadre de la Révision Générale des politiques publiques (RGPP) où des indicateurs quantitatifs imposés par des acteurs extérieurs au secteur tendent à vider les politiques de leur sens ».
En conclusion, l’auteur revient sur la pertinence de l’Agenda 21 de la culture sur le terrain de la diversité, terrain laissé libre par les Agendas 21 locaux. Les politiques publiques de la culture ont beaucoup a gagné à entreprendre de telles démarches car les dynamiques engendrées par les actions transversales, celles de démocratie participative sont les gages d’un « projet de société ou le vivre ensemble reprend la place centrale qu’il n’aurait jamais dû perdre ».
(1) n°34 de l’Observatoire, revue des politiques culturelles, p. 55, décembre 2008.
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