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Musée et technologies mobiles : une nouvelle cour du visiteur
Note de lecture
Annie Gentès est maître de conférence en sciences de l'information et de la communication. Dans cet article, elle nous présente les possibilités d’utilisation des outils de communication mobiles dans les musées : l’enjeu est bien de fidéliser des visiteurs en expérimentant de nouvelles modalités culturelles, sociales et techniques.
Annie Gentès est également responsable du cursus design stratégique à l'ENST (école nationale supérieure des télécommunications). Elle travaille sur la place du design dans les projets de recherche et sur les pratiques artistiques utilisant les technologies de l'information et de la communication.
Dans cet article paru dans « Le design de nos existences » (1), elle nous présente les possibilités d’utilisation des outils de communication mobiles dans la relation entre les musées et les visiteurs. Les outils actuels conservent une facture très classique (distribution de l’information d’un centre vers des terminaux) alors que les différents outils numériques mobiles ne sont pas que des terminaux : ils permettent la participation du visiteur à la construction de musées interactifs. Dans le cas de l’utilisation des technologies numériques comme de simples récepteurs d’informations, la communication est balisée : « le visiteur vient pour apprendre du musée qui lui fournit des informations [… ] l’audioguide est le parfait relais de ce discours descendant. »
Les technologies numériques ont le potentiel de changer le sens d’une visite muséale. Elles permettent de prendre des photos, envoyer des SMS, échanger, communiquer autour de la visite. « Les différentes expériences révèlent ainsi que les objets communicants personnels élargissent la sphère du musée en jouant sur la complémentarité extérieur / intérieur du musée. […] Le lien entre la ville et les différents lieux historiques est renforcé par et dans le musée, qui n’est plus seulement un lieu de conservation, mais un lieu de mise en cohérence d’éléments épars en dehors de sa propre enceinte. » Le potentiel de ces technologies oblige les musées à repenser leurs fonctions et leurs rôles dans la construction et l’élaboration de la ville.
L’auteur présente ensuite des expériences qui jouent sur la temporalité de la visite. Le dispositif « visite+ » à la Cité des sciences à Paris permet de réinvestir la visite que l’on vient de faire en se la remémorant. L’expérience PLUG au musée des Arts et Métiers se positionne dans une logique pédagogique de dialogue entre le visiteur et le musée. Pour l’auteur : ce « projet prend en compte l’apport des visiteurs, et c’est sans doute ici l’innovation la plus intéressante ». Ce dispositif permet en effet d’échanger des informations « qui peuvent aider mes différents visiteurs à construire un parcours transversal et cohérent à travers les différentes thématiques du musée ».
Pour Annie Gentès, les technologies numériques aident à co-construire le lieu. De nouvelles appropriations des institutions culturelles sont possibles grâce aux TIC et l’enjeu est de créer une fidélité des visiteurs pour les musées en expérimentant de nouvelles modalités culturelles, sociales et techniques.
(1)Le design de nos existences à l’époque de l’innovation ascendante , sous la direction de Bernard Stiegler, p. 287, éditions Mille et une nuits, 2008.
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