Le 10 mars 2009 la sénatrice Fabienne Keller a remis au Premier Ministre son rapport « La gare contemporaine, centre de ville au c½ur des transports ». Le concept de gare contemporaine est analysé ici comme un lieu d’échange et de complémentarité entre les transports, un lieu de vie et de services, et le centre d’un quartier urbain dense et durable.
Le rapport de Fabienne Keller se concentre essentiellement sur la mobilité des personnes. Cette mobilité est aujourd’hui indissociable d’une mobilité de l’information qui accompagne partout l’individu.
La gare en tant que support de la mobilité physique des personnes devient le cœur de la ville.
On est loin ici des « non-lieux » surmodernes que l’ethnologue Marc Augé définit comme des endroits interchangeables, standardisés et sans réelle identité. Qu’il s’agisse des gares, halls d’aéroport, échangeurs d’autoroute, hypermarchés, etc., les « non-lieux » de Marc Augé se distinguent par leur anonymat, gommant les spécificités locales et les signes identitaires.
Dépassant cette thèse, ce rapport propose de promouvoir l’intermodalité, mais aussi l’interpénétration entre la gare et la ville. Trop longtemps isolés, les pôles d’échanges nécessitent une conception qui fusionne la qualité de leurs liaisons intermodales et la qualité de leurs liaisons avec la ville.
Là encore, timidement, les nouvelles technologies dessinent un nouvel horizon. Le rapport de Fabienne Keller stipule ainsi :
«
Les « Grandes Gares » restent ainsi le maillon faible de la chaîne de déplacement, le lieu où l'on risque de perdre le temps que l'on a cru gagner par ailleurs, et où l'on se rend compte le plus clairement de la discontinuité des systèmes d'information. (…) Or les nouvelles technologies informatiques permettent néanmoins dès à présent l'exploitation en temps réel de toutes les informations extraites dans chacun des modes de transport qui sont en connexion par l'intermédiaire de la « Grande Gare » et de les diffuser sur les panneaux à messages variables, dans des annonces sonores et de les transmettre aux personnels des transporteurs. Elles peuvent également aider considérablement les voyageurs eux-mêmes en les assistant pour sélectionner les informations les plus pertinentes par rapport à leur feuille de route prévue. Une politique volontariste dans ces domaines permettrait d’améliorer considérablement la situation sur le terrain. »
Rapport accessible en format pdf