Si quelques points du débat semblent actés : (le numérique va imprégner les villes, nos déplacements, notre adresse même…) rapidement se pose la question de savoir s’il faudra administrer ces territoires numériques et de quelle manière. Deux principaux modèles s’opposent, le modèle libertaire du web2.0 qui promeut plus d’expériences, de libertés, de rencontres, de libre participation… et un modèle moins euphorique qui pose les questions d’espace public et rappelle les règles d’expression, de sociabilité, de lecture de la ville...
Le modèle à définir s’inscrira probablement entre les deux solutions et nécessitera certainement des contributions et une dynamique participative ainsi qu’un usage commercial nécessaire pour sa viabilité, probablement il s’inspirera des nouveaux modèles de gouvernance issus des modèles proposés pas les TIC. Mais parce que ces contenus seront géo-localisés, dans l’espace public, qu’ils proposeront une mise en relation amplifiée et qu’ils seront riches en sources d’informations sur les comportements personnels et collectifs, ces programmes nécessiteront probablement des règles d’organisation, de contrôle et de maintenance. Au-delà de l’aspect privé des données, la rationalisation de l’espace et de l’usage des services publics pourrait par exemple grâce à ces technologies évoluer vers des logiques de yield management. Ces espaces numériques participeront probablement à la structure et au fonctionnement des territoires et des communautés et seront en cela aussi un espace politique.
L’organisation de cet environnement se définira-t-elle selon un modèle pyramidal descendant d’organisation politique institutionnelle classique ou jouera-t’elle d’une gouvernance d’un nouveau type ? Pour développer cette question, ce dossier sera l’occasion de préciser les évolutions de la notion de territoire et les récentes adaptations qui y ont été apportés. Nous verrons si cette cité numérique apporte des réponses en termes de proximité, de transversalité et de prise en compte globale des questions, problématiques que les plus récentes formes de territoires (pays, communautés d’agglomération…) essaient de résoudre. Il importera probablement dans un second temps de mesurer en quoi ces territoires posent les questions d’espace public et de sa possible privatisation. Il pourra être intéressant enfin de réfléchir au cahier des charges possibles d’une délégation de service public et de l’économie de tels territoires. Il ne s’agit plus de prospectives, ces territoires aujourd’hui se mettent en œuvre. |